mardi, 13 novembre 2007

Pour M.P.

Oh, vent, n'arrête pas

souffle

tempête

hurle

emmêle nos cheveux

fais voler nos regards

vers ce qu'on espère de clarté

derrière le rideau de nos paupières.

 

Souffle

pour que tremblent les flammes

se raniment les braises

et tourbillonnent les feuilles

comme des oiseaux affamés.

 

 
podcast

 

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samedi, 10 novembre 2007

Non

Il ne sert à rien de dire

combien d’ombre avant la nuit

vendredi, 09 novembre 2007

Toujours

Attendre et attendre encore

dans le grand calme du soir

 

Toujours l’homme est seul

avec le ciel au dessus

(du moins le croit-il) 

jeudi, 08 novembre 2007

Billet

Parfois il n'y a rien à dire

et on le dit !

jeudi, 25 octobre 2007

Pas clair

Perce le berceau

de verre

larmes de pierres

en feu

au fond du corsage

la rivière

berce la bouteille

et

le fantôme se répand

en vain

sur le secret

versé

par la plume

du fol

oiseau

 

©Gabriel Arnaud

 

Texte à lire à voix très haute devant un parterre clairsemé de fines fleurs poétiques en toc.

mercredi, 24 octobre 2007

Les hirondelles

Elles sont parties les hirondelles

Nous ont laissé le gris du ciel

Le temps qui passe au fil du vent

Et puis l'automne qui nous embrume

 

Elles s'en balancent les hirondelles

De nos tempêtes au fond du crâne

Et de nos larmes de novembre

 

Elles sont au chaud les hirondelles.

Elles ont des rires au bord des plumes

De la chaleur sous la couette

Et du printemps à l'horizon

 

©Gabriel Arnaud

(Oh la jolie poésie; c'est mignon comme tout ! on pourrait même l'apprendre dans les écoles !)

lundi, 22 octobre 2007

Il est grand temps de faire du feu

Écrire

au bord du monde,

parler naissance,

rêver berceaux…

Mais le vent, la pluie

la Toussaint qui tousse,

nous pousse

nos intérieurs se vident.

Le ciel a perdu les eaux.

Il est grand temps

de faire du feu.

 

La roue tourne.

On se retourne

on entend la ritournelle

toujours la même.

Les morts ont soif

de souvenirs.

Tourner

tourner

pour enfoncer

les chrysanthèmes

dans le sable

détrempé.

Ne pas oublier

avant

de poser son parapluie

aux quatre vents

et voir sa mère

clopin clopant

entre les tombes

des grands parents.

 

La roue tourne

tourne et patine dans les ornières.

Putain de bruit à mes oreilles.

Une charrette.

L’essieu qui couine

qui couine.

Fermer les yeux.

Ouvrir les cieux.

Pépé, dans sa charrette

pleine de topines

avec Blanchette et Marguerite.

Et son vélo

un long mouvement

en arc de cercle

avec sa jambe.

Droit sur la selle

grand père.

Ne parlait pas de sa guerre.

 

Silencieux

dans leur tranchée

dans leur terrier

pépé, mémé.

Avec eux

devant le feu

sans rien dire

ou juste un peu

entendre craquer

les vieilles jointures

du bois.

Et la soupière

tout essoufflée

sur un coin

de cuisinière.

Ça sent l’omelette

la vinaigrette

et l’ail dans la salade

(de la boursette).

 

Et le feu

toujours le feu

qui endimanche

un regard bleu

et fait briller

de la tendresse

au coin des yeux.

 

©Gabriel Arnaud

mercredi, 17 octobre 2007

Je ne dirai pas son nom !

J'ai acheté un de ses livres il y a presque un an (j'avais déjà lu et apprécié quelques uns de ses poèmes). J'ai essayé à plusieurs reprises de lire une ou deux pages. Impossible, sans doute pas le bon moment (il y a des livres qui ne se livrent pas facilement).

Ce soir, le livre est entre mes mains, je me sens dans de bonnes conditions. Je feuillette et m'arrête au hasard sur un texte. Quelque chose me plait dans cette écriture mais cela me parait quand même un peu compliqué. J'insiste. J'essaye d'aller plus loin. Non! Trop difficile ! Colère devant cette poésie qui me parait inaccessible. À qui s'adresse ce livre? à l'éditeur? aux rares critiques de poésie? à ses amis poètes? Pas à moi ! Je lance le livre à travers la pièce en disant à voix forte une bonne grossièreté. Oh ! le bien que ça m'a fait !

Le livre, je suis allé le ramasser et je l'ai rangé dans un endroit où il risque fort de ne plus bouger.

Comprenez bien que je ne peux pas vous dire son nom (et pourtant c'est un grand poète contemporain; tout le monde le dit).sinon j'entendrai :"Comment! tu n'as pas réussi à lire Machin; faut absolument que tu insistes même si ça résiste, quand ça résiste c'est de la vraie poésie !"

Moi qui croyais que la poésie s'offrait, la voilà qui résiste; sans doute ne peut-elle pas s'offrir à n'importe qui !

lundi, 15 octobre 2007

L'autre

Je suis très souvent pris

pour un autre

un écrivain, un artiste

un chanteur ou un dentiste.

On m'appelle Christian

Marc ou Pierre.

 

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L'autre jour à Saint Malo

on m'a pris pour Alberto.

 

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Ça suffit

il est grand temps

que je redevienne moi-même.

 

©Gabriel Arnaud

dimanche, 14 octobre 2007

Anniversaire

La pluie d'octobre emporte à gros torrent

nos sourires de poussière.

Restent les pierres

le bruit des pierres bien trop polies

et presque nettes

le squelette du vent dans les arbres en sang

quelques odeurs de buis et de lavande

sur la boue des sentiers

et l'incendie dans le feuillage des fontaines.

Reste cette main dans la mienne

une main de vieux dans une main

un peu moins vieille

une main qui tremble et se resserre.

Restent le silence et la froideur de la chair.

 

©Gabriel Arnaud