jeudi, 25 octobre 2007
Pas clair
Perce le berceau
de verre
larmes de pierres
en feu
au fond du corsage
la rivière
berce la bouteille
et
le fantôme se répand
en vain
sur le secret
versé
par la plume
du fol
oiseau
©Gabriel Arnaud
Texte à lire à voix très haute devant un parterre clairsemé de fines fleurs poétiques en toc.
09:10 Publié dans Juste pour rire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésies, poèmes
mercredi, 24 octobre 2007
Les hirondelles
Elles sont parties les hirondelles
Nous ont laissé le gris du ciel
Le temps qui passe au fil du vent
Et puis l'automne qui nous embrume
Elles s'en balancent les hirondelles
De nos tempêtes au fond du crâne
Et de nos larmes de novembre
Elles sont au chaud les hirondelles.
Elles ont des rires au bord des plumes
De la chaleur sous la couette
Et du printemps à l'horizon
©Gabriel Arnaud
(Oh la jolie poésie; c'est mignon comme tout ! on pourrait même l'apprendre dans les écoles !)
00:30 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poèmes, poésies
lundi, 22 octobre 2007
Il est grand temps de faire du feu
Écrire
au bord du monde,
parler naissance,
rêver berceaux…
Mais le vent, la pluie
la Toussaint qui tousse,
nous pousse
nos intérieurs se vident.
Le ciel a perdu les eaux.
Il est grand temps
de faire du feu.
La roue tourne.
On se retourne
on entend la ritournelle
toujours la même.
Les morts ont soif
de souvenirs.
Tourner
tourner
pour enfoncer
les chrysanthèmes
dans le sable
détrempé.
Ne pas oublier
avant
de poser son parapluie
aux quatre vents
et voir sa mère
clopin clopant
entre les tombes
des grands parents.
La roue tourne
tourne et patine dans les ornières.
Putain de bruit à mes oreilles.
Une charrette.
L’essieu qui couine
qui couine.
Fermer les yeux.
Ouvrir les cieux.
Pépé, dans sa charrette
pleine de topines
avec Blanchette et Marguerite.
Et son vélo
un long mouvement
en arc de cercle
avec sa jambe.
Droit sur la selle
grand père.
Ne parlait pas de sa guerre.
Silencieux
dans leur tranchée
dans leur terrier
pépé, mémé.
Avec eux
devant le feu
sans rien dire
ou juste un peu
entendre craquer
les vieilles jointures
du bois.
Et la soupière
tout essoufflée
sur un coin
de cuisinière.
Ça sent l’omelette
la vinaigrette
et l’ail dans la salade
(de la boursette).
Et le feu
toujours le feu
qui endimanche
un regard bleu
et fait briller
de la tendresse
au coin des yeux.
©Gabriel Arnaud
00:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésies, poèmes
mercredi, 17 octobre 2007
Je ne dirai pas son nom !
J'ai acheté un de ses livres il y a presque un an (j'avais déjà lu et apprécié quelques uns de ses poèmes). J'ai essayé à plusieurs reprises de lire une ou deux pages. Impossible, sans doute pas le bon moment (il y a des livres qui ne se livrent pas facilement).
Ce soir, le livre est entre mes mains, je me sens dans de bonnes conditions. Je feuillette et m'arrête au hasard sur un texte. Quelque chose me plait dans cette écriture mais cela me parait quand même un peu compliqué. J'insiste. J'essaye d'aller plus loin. Non! Trop difficile ! Colère devant cette poésie qui me parait inaccessible. À qui s'adresse ce livre? à l'éditeur? aux rares critiques de poésie? à ses amis poètes? Pas à moi ! Je lance le livre à travers la pièce en disant à voix forte une bonne grossièreté. Oh ! le bien que ça m'a fait !
Le livre, je suis allé le ramasser et je l'ai rangé dans un endroit où il risque fort de ne plus bouger.
Comprenez bien que je ne peux pas vous dire son nom (et pourtant c'est un grand poète contemporain; tout le monde le dit).sinon j'entendrai :"Comment! tu n'as pas réussi à lire Machin; faut absolument que tu insistes même si ça résiste, quand ça résiste c'est de la vraie poésie !"
Moi qui croyais que la poésie s'offrait, la voilà qui résiste; sans doute ne peut-elle pas s'offrir à n'importe qui !
13:30 Publié dans Juste pour rire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésies, poèmes
lundi, 15 octobre 2007
L'autre
Je suis très souvent pris
pour un autre
un écrivain, un artiste
un chanteur ou un dentiste.
On m'appelle Christian
Marc ou Pierre.

L'autre jour à Saint Malo
on m'a pris pour Alberto.

Ça suffit
il est grand temps
que je redevienne moi-même.
©Gabriel Arnaud
18:28 Publié dans Juste pour rire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésies, poèmes
dimanche, 14 octobre 2007
Anniversaire
La pluie d'octobre emporte à gros torrent
nos sourires de poussière.
Restent les pierres
le bruit des pierres bien trop polies
et presque nettes
le squelette du vent dans les arbres en sang
quelques odeurs de buis et de lavande
sur la boue des sentiers
et l'incendie dans le feuillage des fontaines.
Reste cette main dans la mienne
une main de vieux dans une main
un peu moins vieille
une main qui tremble et se resserre.
Restent le silence et la froideur de la chair.
©Gabriel Arnaud
09:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poèmes, poésies
Clin d'oeil

C'était au Chambon sur Lignon à la fin du mois d'aout. Nous étions 12 dans ce stage avec Françoise Lervy. Nous avons lu Mahmoud Darwich en cloture des "Lectures sous l'arbre".
Merci à toutes et à tous pour ce grand moment.
08:55 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésies, poèmes, littérature
samedi, 13 octobre 2007
Mahmoud Darwich (7)
La mer arpente les rues. La mer pend aux fenêtres et aux branches des arbres desséchés. La mer tombe du ciel et entre dans la chambre. Bleu, blanc, écume, vague. Je n'aime pas la mer, je ne veux pas de la mer parce que je ne vois ni rivage, ni colombe. Je ne vois dans la mer que la mer. Je ne vois pas de rivage. Je ne vois pas de colombe.
Mahmoud Darwich
Une mémoire pour l'oubli – Actes Sud.

Le dernier livre de Mahmoud Darwich : "Comme des fleurs d'amandiers ou plus loin" (Actes Sud - septembre 2007)
00:50 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésies, poèmes, écriture, littérature
vendredi, 12 octobre 2007
Mahmoud Darwich (6)
Ici je ne suis pas mort. Ici je ne suis pas mort. Dix ans que je vis ici ! Cela ne m'est arrivé nulle part ailleurs. Nulle part je ne me suis habitué à l'odeur des étals de légumes, aux cris des vendeurs, au vacarme martial du bar, aux problèmes d'eau et d'ascenseur comme ici. Ici je ne suis pas mort. Une multitude de balcons ouverte sur une multitude de balcons, printemps, été, automne et une bonne partie de l'hiver, pour échanger les confidences, les commérages, les hurlements de la télévision, les odeurs d'ail et de viande grillée, les grincements des sommiers à l'heure de la sieste ou durant la nuit. Une petite rue, une petite rue appelée "rue Lamort". Mais ici je ne suis pas mort.
Mahmoud Darwich
Une mémoire pour l'oubli – Actes Sud.

00:40 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésies, poèmes, écriture, littérature
jeudi, 11 octobre 2007
Mahmoud Darwich (5)
L'obscurité est blanche, d'une sombre blancheur. Me voici assis sur ce fauteuil de cuir confortable attentif aux mélodies du trio de la mort : les avions, l'artillerie de marine, les batteries de campagne. J'ai allumé la lampe à gaz pour le rituel de la fin. Il n'est que dix heures du soir. J'ai pris la lampe à gaz au chuintement familier et je suis allé à mon bureau pour coucher mon testament. Mais je n'ai rien trouvé à léguer. Ma vie est sans secret, sans manuscrit caché, sans lettres précieusement conservées.
Mahmoud Darwich
Une mémoire pour l'oubli – Actes Sud.

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