mardi, 29 janvier 2008
Matin d'hiver à Noirmoutier

Entends derrière la brume
la danse des Korrigans
comme un hommage posthume
aux naufragés du temps.
Entends le cri des chênes
qui lancent vers les cieux
leur sève souterraine
pour apaiser les dieux.
Entends sur le chemin
l'étrange bruit de roue
que fait dans le lointain
la charrette de l'Ankou.
Écoute, c'est le mystère
tremblement de silence
un frisson sur la pierre
a gravé ton absence.
©Gabriel Arnaud
19:15 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture
lundi, 14 janvier 2008
Partance

Saint Sigismond – ile de Sein – mont Sainte Odile – rue des Olivettes - quai Baco – quai numéro 32 de la gare de Nantes – village accroché au flanc des gorges de la Dourbie – or not Dourbie – mais où alors? - pas en Angleterre – terrer au fond du fauteuil d'un dentiste qui ressemble à Sami Frey – les pieds dans l'eau d'un torrent – à la queue leu leu sur un petit sentier de la forêt de Brocéliande – au cœur des Landes – l'odeur du pain sur le trottoir devant la boulangerie – en Camargue, sur un cheval blanc – mais sans les photographes - Mont Saint Michel – clocher de l'église du Mont Mercure – chemin creux vers le Puy Crapaud – entrée du casino de La Bourboule – en tenue incorrecte - téléphérique de l'aiguille du Midi – cathédrale de Strasbourg à midi – au milieu d'un champ de soucis – aéroport de Chambéry – en avion au dessus de la Loire – pont de Saint Nazaire – Nazaré – pas Nazareth ni Jérusalem ni de mur des lamentations - Chambon sur Lignon avec un livre de Mahmoud Darwich – comptoir du bar des artistes – musée de l'abbaye Sainte Croix – au pied du calvaire de Pontchâteau – quatre voies Nantes Vannes sortie Pontchâteau 200 mètres – circuit du Castelet – aire de repos avec vue sur Carcassonne – casse-auto à Montournais – devant le Mont Gerbier des Joncs – au milieu de la Brière – Fontaine aux bretons – chemin des douaniers pointe du Van – marché sur la place des Vans – rive de la Vendée Fontenay le Comte – Fontvieille – Forcalquier – Rustrel - palais des papes – Châteauneuf du pape – Châteauroux – pas Châteaubriant - Château Chinon – Chinon devant la statue de Rabelais – centrale nucléaire – Bretagne intérieure - champ d'avoine – Champtoceaux – Montsorreau – ancienne maternité de Beaupréau – école centrale de Lyon – Fourvière – Rocheservière – Mont Revard – Montluçon – plaine de Luçon – marais poitevin – Coulon – sur le pont du Enez Sun – Armen – Ainsi soit l'ile.
©Gabriel Arnaud
16:10 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie
vendredi, 26 octobre 2007
Besoin de ...
REPOS

00:20 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 14 octobre 2007
Clin d'oeil

C'était au Chambon sur Lignon à la fin du mois d'aout. Nous étions 12 dans ce stage avec Françoise Lervy. Nous avons lu Mahmoud Darwich en cloture des "Lectures sous l'arbre".
Merci à toutes et à tous pour ce grand moment.
08:55 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésies, poèmes, littérature
lundi, 01 octobre 2007
Arles, place du forum, 20 h
C’est une petite place où Van Gogh a peint le tableau intitulé « Le café la nuit ». Le café existe, il s’appelle « Le café la nuit », bien sûr. Il est fermé, il ne rouvrira qu’en décembre.
On s’assoit à une terrasse voisine, la place en est couverte. On commande un pastis (pour commencer). On n’entend plus les voitures mais ce bourdonnement de paroles assises, en fin de journée chaude, très caractéristique des places du sud, envahies de touristes.
Deux couples d’anglais sont assis non loin de nous. Une des femmes a une voix nasillarde, très désagréable. Heureusement, de temps en temps, elle mange et ce qu’elle a dans son assiette est assez copieux.
Je déguste un magret au miel. Délicieux. Je pense à Van Gogh. Il doit rire jaune s’il voit nos assiettes pleines et les cartes postales de ses peintures qu’il ne vendait pas.
J’aurais du prendre une oreille au lieu de ce magret !
A propos de canard, où ai-je mis mon fusil ? Elle recommence à parler avec sa voix de fausset. Un coup d’œil vers sa table : eh, oui, elle a terminé son assiette. Vite, serveur, apportez lui la suite !
©Gabriel Arnaud
00:45 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèmes, écriture
vendredi, 22 juin 2007
Saorge, restaurant panoramique, 13h15
La salle est presque pleine. Derrière nous, un couple de grands parents et leur petite fille. C’est le début du repas, les conversations sont discrètes, feutrées. La nourriture est excellente, le paysage est grandiose.
Et brusquement :
- Toi, tu t’appelles comment ?
Le grand père vient de se réveiller, l’apéritif et les verres de vin commencent à faire leur effet. Sa voix enfle et il se met à poser des tas de questions à sa petite fille à propos de tous les membres de la famille : Et ton père, il s’appelle comment ? Et ta mère elle s’appelle comment ? Et ta marraine elle s’appelle comment ? Non, celle là ce n’est pas ta marraine, c’est ta tante. Et tes mamys elles s’appellent comment ? Celle-ci là, elle s’appelle... Oui regarde, elle, la plus belle, elle s’appelle comment ? Et moi je m’appelle comment ? Et ton copain il s’appelle comment ? Oui, tu en as deux mamys. T’en as combien de poules ? Et de sœurs t’en as combien ?
Je me mets debout, pour aller aux toilettes mais surtout pour observer cette étrange tablée. Oui, c’est certain, le grand père a picolé. Il est enfoncé dans sa chaise, les yeux un peu vitreux. Il continue à poser ses questions, sans doute parce qu’il n’a plus rien dans son assiette, ni dans son verre.
La petite fille, en face, se tient très droite. Elle a des frites et elle va avoir une glace. C’est la princesse de ses grands parents. Alors, les questions, finalement elle n’en a rien à faire. Elle a tout pouvoir sur eux, le pouvoir de l’innocence.

Peinture Maurice Denis
00:40 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture
lundi, 02 avril 2007
Matin de Sein
Je marche seul sur le chemin qui mène au phare. Il n’y a pas de vent.. Les herbes sont lourdes de brume déposée. On entend le doux ronflement des vagues. Le jour se devine derrière les maisons du port. Puis le soleil apparaît avec son air de lune. Le ciel ouvre son grand rideau comme une cascade d’ombres brillantes. Le spectacle est magnifique, je n’ose regarder (mais je regarde).
Est-il possible de parler de la beauté sans dévoiler notre laideur ? La beauté est sans doute éternelle, elle va nous survivre et c’est cela qui nous fait peur.

(Sein, le tour de l'ile à la toile)
18:05 Publié dans Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture


















