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dimanche, 29 juin 2008

Avis de dépassement

Mon espace a débordé

de plus de 10 mégaoctets

j’ai dépassé mon quota

impossible de publier

le moindre alinéa

alors j’ai supprimé

à tour de bras

quantité de mes archives

pour que ce blog survive

(gratuitement)

 

mardi, 24 juin 2008

À vie de tempête

Un peu de vent

si peu de vent levé 

et moi

haut, très haut

sur la pointe des pieds

la tête droite dans le ciel

dans le bleu mélangé du ciel

les bras relevés

les mains écartées dans les nuages

et je tourne tourne et retourne

brasse la couleur de l’air

comprimé

je sème le vent

à tout vent

j’attends

la récolte

tornades, ouragans, cyclones

pour rugir de plaisir

miauler de douleur ou d’effroi

que je tremble et bruisse comme fétu fragile

que je sente vos mains qui m’enserrent

et me secouent

me bousculent

et me pincent

que je résiste tout mon saoul

que votre force me déchire

m’écartèle

et m’éparpille

oui

emportez moi

dans votre œil maléfique

magnifiquement.

 

dimanche, 15 juin 2008

À vie de recherche

Invente-moi en vieux stratège

de ces moments qui viennent hanter

mes impatiences.

Invente-moi de doux poèmes

entre les draps d’une pluie molle

en résurgence.

Invente moi de longs cortèges

de souvenirs qui dégringolent

à contresens.

Invente-moi

toutes les rougeoles

de mes enfances.

  

jeudi, 12 juin 2008

Voilà

Voilà. Il faut dire « voilà » quand quelque chose est terminé.

Je ne sais pas si quelque chose se termine, là, maintenant ; mais, voilà, je dis voilà comme sur France Culture lorsqu’un artiste est interrogé sur son œuvre.

Toujours ils veulent savoir les pourquoi, les comment ; mais l’artiste, il ne sait pas, alors il dit voilà et cela devrait suffire.

Ce voilà veut dire regarde ce que je fais , ce que je dessine, ce que j’écris, ouvre les yeux, les oreilles,  j’ai enlevé le voile, je me suis mis à nu, cela est ; vois là ! c’est tout!

Voilà...

Et quelque chose est sans doute terminé, pour que quelque chose d’autre commence...

 

mardi, 10 juin 2008

Vous

Il y a tout ce qui est à l’extérieur de vous : un oiseau noir qui vous observe, une fenêtre ouverte sur un soleil matinal, un vieillard qui attend dans la proximité de la mort, des nuages fous, un long serpent d’automobiles à l’entrée de la ville, de la terre sur vos mains, des enfants qui chantent ou qui pleurent en revenant de l’école...

Tout cela, c’est vous. Ce qui est à l’extérieur de vous, c’est vous. Vous ne pourrez jamais sortir de vous. Il n’y a pas d’issue. Le monde est en vous. C’est vous le monde.

 

mercredi, 04 juin 2008

Et me voilà

Et me voilà, comme un con

le cul posé sur le bord de mon crayon

à regarder passer les moutons sur le blanc de ma feuille.

 

Quand vais-je pouvoir écrire dans les marges

de mes cahiers décollés ?

 

dimanche, 01 juin 2008

Des mots...

Des mots

rien que des mots déposés

sur la peau de vos oreilles en papier 

des mots inachevés

entre deux paroles sourdes

et vous

qui m'attendez

tout au bord de la feuille.

  

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