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mercredi, 16 avril 2008

Dans les yeux de l'homme

Dans les yeux de l'homme

quelque chose bourdonne

tempête et claque

au vent des saisons molles.

 

Dans les yeux de l'homme

l'énigme d'un bateau ivre

et sa coque de noyé

pauvre esquisse d'un sourire rouillé.

 

Dans les yeux de l'homme

un éclat

les racines d'un souffle

et l'effervescence de bulles comprimées.

 

Dans les yeux de l'homme

la peur se resserre

au hasard d'une parole froissée

minces brisures à peine immergées.

 

Porte ouverte

sur les remous d'un enfantement

où la mélancolie s'égare.

 

Dans les yeux de l'homme.

 

dimanche, 13 avril 2008

Les yeux fermés

Dans la mer

sur un toit blanc

les yeux fermés

    je marche

        du soleil

        entre les dents

au commencement

d'un voyage

je marche

    les yeux fermés

la nuit étend

ses étoiles

à pleines brassées

    je marche

        dans l'épaisseur

        de mon enfance

les yeux fermés

    je marche

        les yeux fermés.

 

vendredi, 11 avril 2008

Page blanche

Il y a mon silence.

 

J'y trempe mes lèvres.

 

Il y a le bruit de mes pas

sur les vagues.

 

Il y a le vent

emportant sur mon visage

la fragilité de la lumière

et le tremblement du sable.

 

Il y a les mots

dans leur coquille

je les entends

qui se tortillent sous la plage.

 

 

mercredi, 09 avril 2008

Matin d'avril

La porte souffle sous le vent

voilà le bleu qui s'habille

d'un matin pluvieux.

 

Le rêve d'un bateau divague

entre les bras repliés de la nuit.

 

La fenêtre reproduit le jour

par habitude de lumière.

 

La tiédeur du bol réchauffe

une bouche assoiffée

de soleil rouge.

 

Les heures à venir

seront grises et patientes

entre les pages du livre.

  

mardi, 08 avril 2008

Exposé

Sous la peau de l'enfance

le temps garde les yeux ouverts.

 

dimanche, 06 avril 2008

Drôle de cirque


Au milieu de la foule endimanchée de cette rue piéconne, on ne voit que lui. Il dépasse tout le monde d'une tête à queue. C'est surtout le chapeau que l'on remarque : un beau chapiteau en feutre marron, beaucoup trop petit pour sa tête mais qui reste bien planqué sur ses chevaux blancs.


De temps en temps, il s'arrête; quelques personnes le heurtent mais s'écartèlent rapidement, impressionnées par cette perche en haillons, presque un épouvantail; mais un épourail qui serait capable de faire chanter les oiseaux; car, derrière son visage envahi de barbe fleurie, on devine un immense sourire.

 

À se demander si ce n'est pas justement ce soupir qui retient son chapeau.

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samedi, 05 avril 2008

L'arbre

L'arbre coupé ne reconnaît plus le ciel.

À la terre il offre la blessure

de ses yeux.

 

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