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mercredi, 16 janvier 2008

Hall de gare

 

Ne bougent pas dans la gare

le verre et le béton

une valise à roulettes

et moi dans la file.

 

Bougent dans la gare

les ombres sur le béton

les valises à roulettes

et les autres dans la file.

 

Les hauts parleurs

ils parlent

ils crient

je ne comprends rien.

 

Des chaussures qui passent

et la chaleur

des courants d'air.

 

Une foule interminable

accrochée à ses béquilles

impossible

de garder les yeux

immobiles.

 

Guichet ouvert jusqu'à 17 heures

visage fermé

pour longtemps.

 

Une main se lève

et personne

ne la connaît.

 

Bureau d'accueil

un homme s'énerve

avec des mots

mal compostés.

 

Une main dans la main

de sa valise

ne rien lâcher.

 

Beaucoup de signes

au sol au mur en l'air

les pas se perdent à suivre

le sang des flèches.

 

Correspondance ratée

pas de réponse

à espérer.

 

Deux yeux rouges

s'éloignent au bout du quai

et un mouchoir

pas pour pleurer.

 

Faudra attendre demain

pour voir défiler les trains

derrière les paysages.

 

 

©Gabriel Arnaud

 

Commentaires

C'est exactement ça !

C'est un haut lieu d'inhumanité !
Lieu de solitude dans la foule et la valise est sans doute la seule main qui se tende à nous ...
"La main de la valise " est peut être le seul réconfort !

Beau texte !

Merci pour le feu ( les feux ) d'hier !

Ecrit par : arnou chantal | mercredi, 16 janvier 2008

Poème "tatiesque".

Ecrit par : aliscan | jeudi, 17 janvier 2008

La mélancolique poésie des départs réussis ou ratés. Amitiés.

Ecrit par : ariaga | jeudi, 17 janvier 2008

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