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vendredi, 30 novembre 2007

Las

La lenteur des doigts sur la buée de la vitre

l'évidence du froid sur la peau

la pluie dans un ciel déchiré de gris

et la lumière

que mes yeux refusent.

 

Dans les arbres les dernières feuilles

ressemblent à des oiseaux noirs

immobiles.

 

Quelque chose de moi s'éloigne

dans ce brouillard d'automne.

 

Y a-t-il encore du vent derrière les branches ?

jeudi, 29 novembre 2007

Lendemain d'ivresse

Mon flacon s’est rempli des promesses d’un rire

il a bu toute la vie qui dansait sur les bords

la vie pleine de mourons, de chiendents et d’orties.

 

Pauvre flacon, couleur tendresse

couleur glaçon et lagon bleu

couleur de sable sur la plage

avec enfants et petits seaux

couleur tendrons, couleur marmots

 

pauvre flacon, trop vieux, trop las

emprisonné, presque repu

 

cherche livreur dessous l’ivresse

un peu de sol sous le soleil

et de l'amour malgré les maux.

vendredi, 23 novembre 2007

Maurice Béjart

jeudi, 22 novembre 2007

Vieil homme devant l'église du haut (à St Michel l'Observatoire)

Tu es désordre paisible

sous la casquette de l'arbre

tu es transparence d'un passé

où les regards s'envolent

tu es ce fil interminable de la parole

accrochée aux branches de l'olivier

tu es pays en bel automne

tu es colline dépouillée

sur la pente d'un village

tu es dieu dans cette église

où j'ai gardé mon chapeau.

 

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mercredi, 21 novembre 2007

Peut être

 

Peut être as-tu traversé le miroir

et la réalité

n’a que cette apparence dérisoire du reflet

et rien d’autre.

 

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mardi, 20 novembre 2007

Intérieur

  

Derrière la fenêtre

le reflet du feu

se moque bien de la pluie.
 

  

lundi, 19 novembre 2007

Demain

Demain

j’inventerai les mots

pour déguiser l’absence

j’irai voler

les oiseaux de lumière

je franchirai

les chemins du silence.

 

Demain

j’habiterai au cœur des pierres.

dimanche, 18 novembre 2007

Automne

La terre à l’entrée du sommeil

l’odeur de mousse et de châtaignes

l’envie folle d’un chemin sous les futaies.

L’automne

marcher dans le bruit des feuilles

sans laisser d’autres traces

que le balancement nu des branches

respirer la lumière pâle d’un sous bois

juste le temps d’apercevoir

les dessins éphémères du soleil

sur sa peau.

Et le vent

pour renverser

comme potées de chrysanthèmes

nos certitudes journalières.

Le vent

quand tombe la nuit

et ses nuages d’oiseaux noirs

dans une ville jaune de pluie

trottoirs recouverts de feuilles mortes

paroles abandonnées par les arbres.

L’automne

les derniers fruits

et nos regards vieillis

tout au fond du miroir

un dimanche de novembre.

 

Pour C. (qui se reconnaitra) : Texte paru il y a un peu plus d'un an puis dis-paru du blog, comme la plupart des textes entre juin et novembre 2006 (cette note a simplement pour but d'éviter le gaspillage de papier!)

samedi, 17 novembre 2007

Balancement

Même si le vent ne tient plus en place, même si parfois nous ressemblons à ce gibier poursuivi par des chiens fous, le désordre n'est qu'apparent.

Il faut laisser la main à la plume et au pinceau; laisser les lèvres au chant et à l'amour; laisser les pieds à la terre et à l'empreinte et laisser le temps crayonner sur la peau.

Tout se défait et se construit dans un même mouvement.

vendredi, 16 novembre 2007

Ce qui reste

Ce qui sort de ma plume ne sort pas de ma plume mais d'une armoire en feu que je vide chaque soir dans la lumière tremblée et la perte du jour, de la terre plein la bouche.

 

Ce qui sort de ma bouche ce ne sont pas des mots mais des gouttes de sang sur un jardin d'automne et poussière de cendre dans un ciel qui s'efface.

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