« Je ne dirai pas son nom ! | Page d'accueil | Les hirondelles »

lundi, 22 octobre 2007

Il est grand temps de faire du feu

Écrire

au bord du monde,

parler naissance,

rêver berceaux…

Mais le vent, la pluie

la Toussaint qui tousse,

nous pousse

nos intérieurs se vident.

Le ciel a perdu les eaux.

Il est grand temps

de faire du feu.

 

La roue tourne.

On se retourne

on entend la ritournelle

toujours la même.

Les morts ont soif

de souvenirs.

Tourner

tourner

pour enfoncer

les chrysanthèmes

dans le sable

détrempé.

Ne pas oublier

avant

de poser son parapluie

aux quatre vents

et voir sa mère

clopin clopant

entre les tombes

des grands parents.

 

La roue tourne

tourne et patine dans les ornières.

Putain de bruit à mes oreilles.

Une charrette.

L’essieu qui couine

qui couine.

Fermer les yeux.

Ouvrir les cieux.

Pépé, dans sa charrette

pleine de topines

avec Blanchette et Marguerite.

Et son vélo

un long mouvement

en arc de cercle

avec sa jambe.

Droit sur la selle

grand père.

Ne parlait pas de sa guerre.

 

Silencieux

dans leur tranchée

dans leur terrier

pépé, mémé.

Avec eux

devant le feu

sans rien dire

ou juste un peu

entendre craquer

les vieilles jointures

du bois.

Et la soupière

tout essoufflée

sur un coin

de cuisinière.

Ça sent l’omelette

la vinaigrette

et l’ail dans la salade

(de la boursette).

 

Et le feu

toujours le feu

qui endimanche

un regard bleu

et fait briller

de la tendresse

au coin des yeux.

 

©Gabriel Arnaud

Commentaires

Quel régal de vous lire, ce dernier poème est splendide ! (je vais bientôt manquer de superlatifs pour commenter vos textes :-) )

Ecrit par : aliscan | lundi, 22 octobre 2007

Ces poèmes me touchent beaucoup !

L' hiver est là avec eux !

Chance de pouvoir le dire aussi bien ...

On est soudain à la campagne et les gens que tu évoques sont bien vivants ou pourraient l'être .

Ecrit par : chantal arnou | mardi, 13 novembre 2007

Ecrire un commentaire