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samedi, 01 septembre 2007

Le Clém'

Le noir dans la tasse n’en finit pas de refroidir. En face, un escalier. Monter jusqu’aux toilettes, juste pour un moment, faire quelque chose, se laver les mains pour enlever ce qui encombre de la journée. Puis descendre, écrire sur le carnet.

 

Oh ! la belle contenance de l’homme assis seul à une table

quand la machine à café crache sa vapeur

quand les clients se collent l’oreille au portable en livrant du bout des lèvres ou d’une voix trop forte leur intimité dégoulinante

quand la fille sur la banquette se penche doucement vers le garçon et le regarde de ses yeux noirs

quand les tabourets se poussent et crissent sur le carrelage

quand deux hommes attendent un verre de rosé –s’il vous plait, un autre – t’as vu le temps qu’il a fait aujourd’hui.

 

Oh, la belle contenance de l’homme qui écrit

quand reviennent les mots entendus dans la journée

ça le fait, oui, ce qui compte c’est de faire et de penser à comment faire pour faire encore, comme Michaux qui produisait en quelques heures, enfermé dans son garage, des centaines de lavis, d’aquarelles, d’encres.. jusqu’à l’inconscience de faire.

 

Le café est froid.

Se lever, sortir dans la solitude d’un trottoir. Et maintenant, que faire ? Qu’est-ce que les autres vont nous voir faire mais que nous ne ferons pas réellement. Car nous serons toujours un peu plus loin que nos pas, juste après l’équilibre, juste avant la chute.

 

Oh ! la belle et pitoyable contenance de l’homme!

 

©Gabriel Arnaud

Commentaires

Oh .. .

Ecrit par : l'Hydroptère | samedi, 01 septembre 2007

..mais continuer de marcher, de regarder vivre ceux du Clem', et qui sait, un jour...

Ecrit par : liseuse de certains blogs | lundi, 03 septembre 2007

Oui ..qu'est ce que les autres vont nous voir faire ...mais que nous ne ferons pas réellement ?

Ecrit par : janou | jeudi, 06 septembre 2007

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