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jeudi, 30 août 2007

L'an prochain...

L'an prochain je ne serai plus, je regarderai tomber la pluie, dans les nuages, de très haut, derrière les grosses joues du vent. Je serai la terre et l'eau, l'air et le feu, la pierre et le sable.

Je serai poussière dans l'espace.

Rien n'arrêtera mon regard, ni devant, ni derrière.

Je serai ballotté, transporté, sans opposer de résistance, sans éprouver le moindre vertige ni la plus petite contrainte. Mes oreilles entendront des sons jusqu'alors inconnus : le chant langoureux des étoiles, la tendre respiration des anges, le bruissement épais du temps, l'appel lointain des forêts, le murmure des profondeurs abyssales et la lente agonie de la flamme.

Non, l'an prochain, demain peut être, je ne serai plus.

J'aurai quitté la lourde carapace des mortels, abandonné ce corps rabougri sur le marbre d'un cimetière.

Rien d'autre que le souvenir de ce que j'étais pour celles et ceux que j'ai aimés, qui m'ont aimé. Jamais complètement absent mais jamais présent. Je n'entendrai plus vos paroles.

Sauf,  les mots innocents et imprononçables des enfants, aussi profonds et naïfs que le sifflement du merle un matin de rosée lorsqu'arrive la rougeur des cerises.

Les enfants, et leur regard, d'un bleu immense. Je m'y perdrai avec délice. Personne n'en saura rien car personne ne sait d'où vient cette musique improbable qui habite les yeux de l'enfance, le vrai chant du monde.

 ©Gabriel Arnaud

Commentaires

Ce texte raisonne fort ...

Ecrit par : Janou | jeudi, 06 septembre 2007

Je l'avais raté ce texte, vraiment magnifique et plein d'espoir !

Ecrit par : aliscan | mardi, 02 octobre 2007

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